Le bal des fantômes au Kremlin Casino
À 21h30, le décor était planté. Le Kremlin Casino organisait sa prestigieuse "Soirée d'Élégance Masquée". Droit d'entrée : 300 $. Le Weazel News était sur place pour couvrir l'événement, en compagnie notamment de la toute nouvelle sénatrice Enola Parker, qui travaille pour l'établissement. Mais sous les lustres du casino, l'ambiance était glaciale : la salle était désespérément vide.
Et pour cause. À quelques kilomètres de là, le véritable bal masqué venait de commencer. La Pacific Bank, l'établissement financier le plus sécurisé de la ville, était prise d'assaut par un commando lourdement armé, estimé entre 5 et 8 individus. La soirée du casino a finalement été annulée vers 22h30, l'attention de la ville entière s'étant tournée vers ce hold-up du siècle, opéré sous la supervision directe du Procureur Snow, dépêché sur les lieux.
Otages de marque et violence psychologique
À l'intérieur de la banque, quinze citoyens ont été retenus contre leur gré. Parmi eux, des figures bien connues de San Andreas : l'ancien Président de la République Eden Parker, les égéries de la marque Nova Dream Hether Osborn et Angel Salazar, mais également Xiao Long, notre caméraman et tout nouveau directeur de la prestigieuse Maison Muse.
Si Xiao nous a confirmé que les braqueurs n'ont pas fait usage de violence physique directe envers les otages, l'ambiance n'en restait pas moins terrifiante. Les criminels ont fait preuve d'une violence psychologique ciblée et intense, particulièrement à l'encontre de l'ex-Président Eden Parker.
Fait troublant (et révélateur des failles de notre système de santé) : lors de sa libération, et malgré la pression subie, le SAMR ayant pris en charge M. Parker ne lui a à aucun moment proposé de suivi psychologique post-traumatique.
De son côté, informée en temps réel que son frère jumeau était braqué, la Sénatrice Enola Parker a fait preuve d'un sang-froid remarquable, choisissant de se mettre en retrait pour laisser le SAST opérer sans pression politique additionnelle.

L'ombre d'Adonis Pearson : quand la police fournit les clés
Mais le véritable choc de cette soirée n'est pas le braquage en lui-même. C'est la revendication publiée sur le réseau Birdy par un certain "@ghost" : « Une porte blindée ne sert à rien quand ceux qui la gardent donnent les clés. Merci au SAST pour les codes. »
Comment une équipe de braqueurs a-t-elle pu obtenir les codes de sécurité d'une telle banque depuis la police ? La réponse se trouve dans nos propres colonnes. Souvenez-vous de l'Affaire Adonis Pearson, cet ancien agent du SAST. Selon nos sources, avant sa disparition, Pearson avait réussi à implanter un virus directement depuis les terminaux du poste de police. Les braqueurs n'ont pas forcé les coffres : c'est l'infrastructure même des forces de l'ordre, vérolée de l'intérieur, qui leur a ouvert les portes.
Guérilla urbaine, hôpital évacué et piratage du Weazel News
Après de longues négociations et la libération progressive des otages, la situation a dégénéré. Une course-poursuite a éclaté dans les rues de la ville, menant, aux alentours de 23h45, à un violent accident près du Bloc D. L'un des braqueurs s'est alors retranché dans l'imprimerie. S'en sont suivis de lourds échanges de tirs, faisant plusieurs blessés dans les rangs du SAST. À l'heure où nous écrivons ces lignes, les autorités refusent de communiquer sur le sort de ce braqueur ou sur le montant exact du butin dérobé.

Le chaos ne s'est pas arrêté là. La ville entière a été plongée dans un blackout total. Les feux de signalisation ont cessé de fonctionner, et l'hôpital a été contraint d'évacuer ses patients à la hâte sur le parking suite à une "menace". À ce stade, plusieurs hypothèses s'affrontent sans qu'aucune certitude ne puisse être établie. S'agissait-il d'une diversion tactique orchestrée par la Ghost Unit pour disperser les effectifs du SAST et entraver les soins des agents blessés à l'imprimerie ? La menace visait-elle directement l'établissement médical pour y cibler une personne précise à la faveur de l'obscurité ? Ou s'agissait-il simplement d'une fausse alerte, fruit d'un mouvement de panique lié à la coupure de courant générale ? Dans le noir, les réponses manquent encore.
Mais la Ghost Unit réservait un traitement tout particulier à notre rédaction pour clore cette nuit d'épouvante. À 00h35, le Weazel News a subi l'ultime affront. Nos propres antennes ont été victimes d'une cyberattaque. Un bandeau rouge a piraté notre diffusion avec ce message lourd de sens :
« GHOST UNIT - MAUVAIS ORDRES. MAUVAIS CHOIX. LA POPULATION A ÉTÉ MISE EN DANGER PAR SES PROPRES DIRIGEANTS. »
L'attaque ne s'est pas arrêtée à nos écrans. Peu après l'apparition de ce bandeau, notre journaliste Elias Mercer a reçu un appel glaçant directement sur la ligne centrale du Weazel News. Au bout du fil, l'interlocuteur, s'identifiant comme "Ghost", nous a cyniquement remerciés de notre aide pour « construire un monde meilleur ». Une bravade psychologique terrifiante prouvant leur confiance absolue et leur volonté d'utiliser la presse comme mégaphone.
Le message final de Ghost sur Birdy résonne aujourd'hui comme une promesse funeste : «* À la Pacific Bank, ce n'est qu'un échauffement. Au SAST, on prendra quelque chose de bien plus précieux. *»
La Ghost Unit n'a pas seulement braqué une banque. Elle a braqué nos systèmes de police, notre réseau électrique, nos hôpitaux et nos médias. La question n'est plus de savoir s'ils frapperont encore, mais simplement : quand ?